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ILS L’ONT FAIT AU TERME D’UNE EMPOIGNADE SANS CONCESSION

Le public local était prévenu : la formation ardéchoise, fidèle à son ADN, proposait du lourd, qui plus est habitué aux joutes de cette région où, par le passé, nous avons croisé la route d’Oyonnax ou de Rumilly, entre autres. Et il n’y eut pas de surprise en l’occurrence : dès le coup d’envoi, les visiteurs imposaient une forte pression physique, misant sur leur puissance en mêlée et leurs groupés pénétrants. S’ils ouvraient le score sur pénalité, la réaction sudiste ne tardait pas, avec un essai en grand large de Pierre BRAUGE. Un avantage de courte durée, car l’ailier SERU, taillé comme un avant, se joignait à ses compères du pack pour franchir la ligne blanche. Avant les citrons, l’UST fut bien près de rompre, mais entre sauvetage héroïque et un brin de gourmandise, voire de suffisance adverse, elle atteignait la pause sur un score laissant encore entrevoir tous les espoirs. Le second acte offrait la même physionomie. Si l’écart au score tournait à l’avantage des Rouge et Bleu, ces derniers, faute de s’être définitivement mis à l’abri dans les dix dernières minutes, se voyaient rejoints sur le gong. Sans pitié, le directeur de jeu offrait une pénalité d’égalisation aux Jaune et Bleu, entraînant le recours aux prolongations. Et là, grâce à une excellente condition physique et une envie de tous les instants, Semisens allait régaler la Fougère avec deux essais décisifs. On notera encore un choix audacieux, un véritable « coin de dinguerie » : cette pénalité jouée à la main sous les poteaux alors que le score était encore de parité et qu’il était vital de marquer. Quant à la conclusion de Noa MICHON-CAUP (rajeunissant son père) dans le plus pur style du jeu tyrossais, elle consacrait une fois de plus le talent de la pépinière locale. Pour prouver qu’ils avaient à cœur d’écrire une nouvelle page au beau livre de la saison, les locaux mettaient un point d’honneur à contenir les ultimes tentatives adverses, alors que la messe était dite. Un grand bravo, les gars : tout ce qui arrive désormais est du bonus. Alors, comme dans certains jeux, pourquoi ne pas essayer de le faire fructifier ?

Jean-Jacques LECOUONA